Aurélie,En ce jour de recueillement, avec une immense tristesse, je t’écris ces mots pour te rendre un dernier hommage et t’honorer.Je sais qu’une part de toi est ici, présente parmi nous, et que ces paroles trouveront leur chemin jusqu’à ton âme, que j’espère aujourd’hui apaisée, enfin en paix.Car malgré la douleur de ton départ, je ressens au fond de moi que tu es désormais libérée.
Libérée de cette maladie qui t’a tant éprouvée, tant fait souffrir…Je ne pourrai jamais imaginer pleinement ce que tu as traversé, mais j’ai la conviction profonde que tu as trouvé cette paix que la vie ne t’a pas offerte ici.Aujourd’hui, je veux te parler avec le cœur, pour que tu saches à quel point tu es aimée, et tout ce que tu as semé en moi.Tu étais une femme qui aimait profondément la vie, attirée par la découverte du monde, les cultures, et les rencontres.
J’admire tes valeurs, ton humanité, ta générosité, ta bonté. Tu apportais autour de toi de l’amour, de la bienveillance et de la lumière.
Tu avais même choisi de te consacrer aux autres en devenant infirmière, un métier qui demande une immense compassion et une grande force intérieure.Tu sais, aujourd’hui, je te vois comme mon guide.
Ces dernières années, j’ai marché sur tes pas.
J’ai cherché à faire vivre tes valeurs, à porter ce qui comptait pour toi, et à poursuivre tes rêves.Ta souffrance, la maladie de Huntington, et ton départ ne sont pas vains.
Ces épreuves ont transformé ma vie, et m’ont profondément fait grandir.Grâce à toi, j’ai créé ce projet autour de la maladie de Huntington.
Pour toi…Pour nous… Pour notre père…
Et pour ces milliers de familles qui vivent dans l’ombre, avec pour objectif de rendre visible l’invisible.Je traverse des continents à vélo, à la force des jambes, pour donner de la visibilité à cette maladie, et aller à la rencontre de familles, avec une mission : leur montrer qu’elles ne sont pas seules.
Et je veux que tu saches que toi non plus, tu n’es pas seule.
Ces derniers jours, j’ai reçu des centaines de messages de condoléances et de prières qui te sont adressés.Tout ce travail de visibilité porte ses fruits, Aurélie.
Nous apparaissons dans les journaux, à la télévision, lors de conférences…
Tu fais même partie d’un documentaire qui a été vu par des millions de personnes, qui ont découvert notre histoire et cette maladie.Je veux que tu saches que nos efforts comptent.
La maladie est de plus en plus reconnue, et la recherche avance.C’est pour cela que je te le redis : ta souffrance n’est pas vaine.
Elle est devenue une source de force et de motivation pour beaucoup.Ton combat est devenu le mien, et j’ai choisi de m’y consacrer entièrement, corps et âme.Comme tu le sais, je n’ai pas attendu ce jour pour t’honorer. Cela fait déjà des années que je te dédie ma vie.Je sais que tu es avec moi dans toutes mes aventures, et que tu es fière de ton frère.J’ai trouvé dans notre souffrance un moteur, Aurélie.
Ce que nous vivons me donne une détermination immense, et apporte un sens profond à ma vie.Je suis également reconnaissant pour ces derniers moments que nous avons partagés.
Nous avons célébré ton anniversaire, Noël, la galette des rois… Je t’apportais chaque semaine ton plat préféré, des crêpes…Ce sont ces souvenirs que je garderai de toi.
Même si la maladie était là, même si le temps était trop court… ces moments resteront précieux, à jamais en moi.Je veux aussi que tu saches que, dans le cadre de la succession, et selon les possibilités, je m’engage à reverser une part à des associations Huntington en Amérique latine, pour aider des enfants et des familles dans le besoin.
Je sais que ce geste t’aurait touchée.Parce que la plus belle façon de te rendre hommage, c’est de faire vivre l’amour à travers des actes, et pas seulement des mots.Je m’engage à continuer de vivre selon tes valeurs, à poursuivre tes rêves, et à me battre pour cette cause.
Je repartirai prochainement en Afrique, pour aller au bout de ce projet.
Et je sais que tu seras avec moi, dans chaque paysage, chaque rencontre, chaque émotion.Aurélie…
Ma sœur…
Mon guide…Nous te souhaitons de reposer en paix.
Et nous te disons, une dernière fois, combien nous t’aimons.
Tu seras toujours avec nous.